Sandboard à Acari !! Récit d’un voyage au coeur du Pérou

Alors que je me préparais à passer le week end à Lima, je recevais la visite de Martin à l’agence. Passioné de Sandboard, Martin voulait travaillait avec nous et faire découvrir un autre type de Sandboard aux touristes. Un sandboard un peu plus sportif, autre que ce que l’on peut retrouver à Huacachina. Justement, il s’avère qu’il partait là bas pour le week-end puis à Acari pour rencontrer et faire le nouveau trailer de Vicky, une sandboardeuse venu d’Allemagne qui allait participer aux championnats du monde. Il me propose de l’accompagner. Ce à quoi je lui répondis « Dale huevon!! A que hora te encuentro mañana? »

Acari – Le village

Le lendemain matin à 6.00 am, je retrouve Martin à l’arrêt de bus et nous voilà parti pour 4 heures de trajet jusqu’à Ica. Une fois arrivé là bas nous partons pour l’oasis de Huacachina où il doit récupérer du matos. En même temps, il vérifie mon niveau en me faisant faire quelques descentes des dunes. Je m’attaque donc à la montée de la dune à pied, prendre un buggy étant trop cher. Après avoir marché 1 petite heure sur la crête me voilà au sommet de la dune. Je wax bien mon sandboard (je frotte une sorte de pâte sur le dessous de la planche pour que ça glisse bien sur le sable), je fixe mes chaussures et me voilà PARTIIIIIII !!! Premières sensations génialissimes !! C’est exactement la même sensation que de faire de la poudreuse en snowboard sauf qu’on est en t-shirt. Un peu sur l’arrière, la planche bien parallèle à la pente et hop 5 minutes de pure bonheur avec une vue sur l’oasis à couper le souffle , un peu comme ce que l »on peut s’imaginer si l’on a regardé Aladin tout petit.

Las Dunas

Las Dunas

Je fais 3 descentes avant de plonger dans la piscine de notre hotêl et de partager un bon poisson avec Martin. Ce trip spontané m’a tout l’air de devenir exceptionnel et une étrange sensation de liberté et de bonheur m’envahit. Le seul hic : c’est que je dois monter les dunes à pied et ça c’est pas super cool. Mais bon à Acari, on aura une jeep pour nous amener en haut. Une fois la nuit arrivée, j’attends paisiblement dans mon hamac que Martin ait tout réglé avant d’aller à Acari.

00.30 am, le bus s’arrête et la moitié des Péruviens descendent pour une pause pipi, mais nous on est arrivé. Je descends du bus et vois que les toilettes ne sont autre que … les roues du bus. Une odeur nauséabonde m’envahit les narines, comme si l’on m’urinait directement dessus. Après quelque pas à l’air pur, me voila assez sain d’esprit pour voir les renards fouiller les poubelles des alentours. Affamé, sans couleur et maigre à en faire pâlir un éthiopien, ils ont plus l’air de grand et long hamsters.
Nous rencontrons Victor et Nikki, ceux qui vont nous héberger et nous accompagner le long du voyage. Victor possède un hotel et on va passer la nuit là bas. Une fois arrivé, je saute sur mon lit pensant pouvoir dormir mais à ma grande surprise Victor sort une bouteille de Pisco, un alcool fort de raisin, typique de la région. Je ne vais pas débattre sur qui du Pérou et du Chili à inventé le Pisco, mais sachez que c’est un thème à dispute là bas, et mieux vaut ne pas l’aborder. Victor nous invite donc à prendre un verre sur la terrasse. Un verre qui va lentement se transformer en excès …

Lever tardif le lendemain matin, il est prévu d’aller sur les dunes tard dans l’après midi. En effet il faut que le sable soit tiède, voir froid pour que la glisse soit la meilleure possible. On en profite donc pour aller à la rivière et faire les cons en nageant. Une eau agréablement froide et des petites vagues, rien de mieux pour combattre la chaleur. j’ai l’impression de me retrouver dans les aventures de Tom Sawyer. La sensation de pouvoir échapper au monde urbain de Lima, où la cacophonie règne en permanence. Savoir retourner aux sources et profiter des moments simples où technologie, facebook, jeux vidéo ne vous pourrissent pas la vie malgré vous. Je dis malgré vous parce qu’on l’utilise tous, moi le premier, mais purée quel temps perdu à rien foutre!! Et pourtant je vais encore l’utiliser. Sigh.

15.00 pm. On va manger chez la mama qui nous a préparé un délicieux lomo saltado pour 2 soles (0.50 €) et on part prendre la jeep. On prend tout le matériel et on ramène toute la famille et c’est parti pour un tour de jeep dans les dunes.

On prend d’abord la route avant de traverser la rivière. Il a beaucoup plu et le débit est assez important. Va-t-on pouvoir la traverser? Le chauffeur essaye quand même mais arrivé au 1/4, on sent la jeep perdre appuis par saccades. On ne va pas pouvoir traverser. Qu’est ce qu’on fait? Il n’y a pas de pont assez large pour laisser passer un véhicule à 4 roues dans la région. Pourquoi diable l’homme aurait-il construit ce genre d’infrastructure pour se promener dans les dunes. Surtout que la région ne vit pas du tourisme, pour ça il faudrait aller à Ica ou Nazca.

Dans la jeep -Martin, Nikki et moi-

Dans la jeep -Martin, Nikki et moi-

Bon tout le monde veut faire du sandboard et il est trop tard maintenant pour monter les dunes à pied, surtout que c’est pas les petits tas de sables qu’on voit à Huacachina, mais là on a bien 1000 mètres de dénivelés, voir plus. On s’est tous mis d’accord pour monter là-haut le lendemain matin, en attendant on va aller à un endroit moins impressionnant pour s’amuser un peu et faire quelques photos.

On reprend la route et une vingtaine de kilomètres plus loin on bifurque à gauche, sur une terre aride où la flore est complètement absente. Un paysage jaune-brun se révèle à nos yeux et on peut apercevoir les dunes au loin. On continue de rouler plus lentement sur ce désert et les premières bosses apparaissent au fur et à mesure jusqu’à devenir de vrai collines de sable. Ici le sable est encore dur et la jeep accroche bien. Il faut repérer les coins ou justement il n’y a pas de risque d’ensablement et où la jeep peut passer tranquillement, tout un art de repérage. Quelques mètres plus loin le véhicule s’arrête. Romulo, notre chauffeur sort du véhicule et regarde l’horizon avant de s’exprimer: « Soit on coupe tout droit vers le sable mou et on gagne 15 minutes, soit il faut contourner » Il pointe du doigt tout un tas de roches qui sortent de la terre comme si des éclairs s’étaient abattus dans le désert et au contact du sol, s’étaient solidifié et aurait pris l’aspect de la roche.
Finalement Pedro prend le risque de s’ensabler et on va couper par le sable mou. Décision que nous allons tous regretter par la suite car effectivement la jeep s’est ensablée. Tout le monde sort, tout le monde pousse. On creuse sous les roues, on y place des bouts de tissus et petit à petit on parcours 1 puis 2 kms. Au final on aura perdu 2 bonnes heures et le soleil ne va pas tarder à se coucher.

Bloqué dans le sable

Bloqué dans le sable

20 minutes plus tard, les premières dunes apparaissent. Le soleil se couche derrière les dunes en laissant apparaître une lueur orangée sur l’horizon. Quel spectacle incroyable, toutes ces dégradations du rouge et du jaune. Il n’y a plus aucune autre couleur et j’ai l’impression de marcher sur Jupiter où ce genre de coin (pas que j’y soit déjà allé :))

Un peu plus loin on sort les sandboards et on fais quelques descentes. Les pentes sont encore plus raide qu’à Huacachina et le sable déjà refroidi me permet de bien glisser. Un moment qui restera longtemps gravé dans ma mémoire.
L’espace de quelques jours j’ai pu partager le quotidien de passionnés, j’ai pu partager leurs joies, leurs malheurs, des fous rires, des verres de Pisco et c’est dans ces moments là que tu te rends compte de la simplicité de la vie, qu’on peut encore profiter des choses simples que nous met à disposition la nature.

La nuit tombe, et après quelques descentes de nuit on repart à la casa de Victor pour profiter d’une bonne nuit de sommeil. Le lendemain, c’est levé  à 4.00 am et 6 heures d’ascension nous sépare du sommet.

4.00 am: Le réveil est dur  et on va prendre le petit déjeuner en silence. Du Pain, de la confiture de canne à sucre avec un jus d’orange qui va nous permette de sortir de cet état de pseudo somnolence. L’excitation commence à monter. La préparation est minutieuse, chaque détail est important, chaque gramme en plus se fait plus lourd si on ne veut pas soufrir de fatigue prématurément.

Le contraste sable / verdure

Le contraste sable / verdure

4.30 am: On quitte le petit village avant de traverser les champs. Le soleil se lève et les couleurs de la vallée se dévoilent devant nos yeux. Quel paysage grandiose et quelle diversité. quand je pense que dans 30 minutes, nous n’allons plus que voir des dégradés de jaune autour de nous, je me dis que la nature me réservera toujours autant de surprises. Nous traversons des champs de canne à sucre, que nous cueillons systématiquement. Il y a même des vaches présentes, dans la vallée et on commence à entendre le piaillement des oiseaux qui volent devant nous en laissant apercevoir leurs plumages de couleur, toutes plus belle les unes que les autres.

On quitte la vallée, les rochers apparaissent, les dunes, aussi majestueuses qu’elles soient, s’imposent devant nous. On peut apercevoir quelques rochers que nous allons chercher puis suivre sur quelques kilomètres pour garder de bon appuis avant de s’enfoncer dans le sable.
Les 2 premières heures, la montée est facile. On ne voit rien d’autre que du sable au loin, que ce soit au Nord, au Sud, à l’Est ou à l’Ouest..
Le sable dur laisse place à un sable plus mou. La roche devient inexistante. Plus aucun signe de vie que ce soit végétal ou animal. On déguste les mangues que l’on a ramené, pour prendre des forces. La montée devient difficile, chaque pas en avant nous ramène un pas en arrière avec ce sable qui ne tient pas en place. La pente se fait plus raide et c’est dans le calme que les dernières heures de montée se font.

À une centaine de mètre du point culminant, un coup de chaleur m’envahit. Je m’écroule dans le sable en reculant de quelques mètres. J’aperçois Martin qui redescend pour me faire boire et pour me donner quelques bouts de mangue. Je suis à bout de force et je m’allonge quelque instant avant d’apercevoir Nikki et Victor une centaine de mètre plus bas. Je les attends patiemment et une fois à ma hauteur ils en profitent pour prendre des forces et se reposer un petit peu. Victor rompt le silence:  » Pucha !! Me duelen las piernas! » avant de repartir vers le sommet.

Allez Antho, plus que quelques mètre et après il n’y a plus que de la descente! Plus qu’un petit effort! N’abandonne pas. Je pense à ma famille. À ce que me dirait mon père. Aux phrases qu’il a a l’habitude de me dire pour me motiver: « Alors on se dégonfle? Faut essayer les trucs de gonzesse si c’est trop dur pour toi. » Un sourire s’imprime sur mon visage. Même si c’est dans ma tête, ce n’est pas là qu’il rabattra mon caquet. Je mets un pied devant l’autre et je monte petit à petit.
Plus que quelque mètres.. Je pense à mon frère et à à ma mère qui ont bientôt finit leur journée en France. Je me demande si parfois on pense à l’un et l’autre en même temps, mais depuis 2 continent différents. Je pense à mes amis et à la chance que j’ai d’être là et là.. j’aperçois le sommet. Plus que 2 mètres. Ça y est. J’y suis. J’ai réussi. J’ai escaladé la plus grande montagne de sable. Je m’allonge satisfait de mon exploit et contemple  le magnifique panorama auquel j’ai droit. Martin, qui me suivait pour éviter une rechute, arrive à son tour. On a tous les deux le sourire aux lèvres. Essoufflé, on ne parle pas, mais on se comprend. On est tous les deux fier de notre exploit et impatient de redescendre, mais en sandboard cette fois ci.

Nikki et Victor arrivent à leur tour. Victor prépare le matériel photo et se met déjà en position. Il faut faire vite il est 10.06 et le soleil commence à réchauffer le sable. Nikki et Victor descendent ensemble. Un avec la caméra et l’autre qui fait des jumps par ci par là. Moi je les regarde avant d’attaquer la descente avec Martin.

Ça y est je me lance et à ma grande surprise la pente est encore plus raide que je ne l’imaginait. Heureusement que ce n’est pas de la neige sinon avec cette pente j’irais bien trop vite pour contrôler quoi que ce soit.
Je sens le vent dans mes cheveux, les grains de sable qui volent autour de moi et je descends l’esprit libre, profitant de chaque moment, appréciant chaque virage, chaque accélération. Je me sens libre. Il n’y a pas un skieur, pas un randonneur, personne, sauf moi. Je suis seul au monde.. J’ai l’impression de prendre mon envol, comme si j’allais décoller à chaque instant, comme si un aigle allait passer derrière moi avant de planter ces griffes dans mon dos pour m’emporter avec lui. Je continue mon envol une vingtaine de minutes avant d’atterrir en bas des dunes.

Décidément, le Pérou me réserve beaucoup de surprises. Viva Perú carajo !!

Juanito.

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