Ascension du Misti ou comment faire un fail

Cela faisait un petit moment que je rêvais de faire l’ascension de ce volcan. Tel le Kilimandjaro au Kenya ou le Popocateptl au Mexique, il s’élève dans les airs alors qu’il n’y a rien aux alentours. Sauf peut-être une ville de 900 000 habitants. L’un des volcans les plus dangereux du monde pour sa proximité avec un foyer de population important. Il est en effet littéralement situé aux portes d’Arequipa. Un géant qui impose pourtant respect et admiration à tous ceux qui passent par la ville blanche, et ce depuis l’époque des incas qui lui offrirent certains des leurs en sacrifice pour apaiser ses colères. Il s’est en effet plusieurs fois réveillé pour faire trembler la région qu’il recouvrit d’un centimètre de cendre en 1454, plus tard en 1985 et en 2001 des fumerolles témoignèrent encore de son activité.

Le Misti

Le Misti

C’est donc avec envie que Thomas accepta ma proposition de trek au Misti. Je prend 2 jours de congés (vendredi et lundi) et nous partons direction Arequipa. Au programme visite du couvent sainte catherine de nuit 🙂 TERRIBLE !! À ne surtout pas manquer et à faire de nuit !! On essaye de se faire des petites frayeurs avant de manger des papas à la Huancaina et dodo.

Le lendemain levé 8 heure et direction le Misti. On avait trouvé un gars la veille qui nous amènerait au Misti en Jeep et de bonne heure. Nous voilà dans son 4 roues motrices et avant de nous lâcher dans la nature, il nous dessine une petite carte histoire qu’on ne se perde pas trop quand même (fail).

et le brouillard arriva... fail

et le brouillard arriva… fail

On commence l’ascension de ce 5822 mètres le long d’un canyon qu’on suit 3 bonnes heures avant que le brouillard ne commence à venir. 30 minutes plus tard on est sous la pluie, il fait 4 °C et on ne voit pas à 2 mètres. On cherche donc un coin assez plat où on pourrait poser la tente en attendant que le beau temps revienne. On ne trouves que de la pente. Bon tant pis peut-être que la tête en haut et les pieds en bas on pourra dormir un peu. Ah oui j’avais oublié de vous dire: on n’a pas de matelas et il n’y a que de la roche. Le soleil revient une quinzaine de minutes avant la tombée de la nuit. Pain et fromage avant de faire dodo. J’ai froid, on est encore trempé car on n’a pas réussi à sécher nos vêtements, je n’arrive pas a fermé l’oeil à cause des cailloux pointus qui me rentrent dans le dos, le mal d’altitude se mélange aux restes et voila que je passe une des pire nuits de ma vie (avec celle du trek de Santa Cruz, cf article)

Au dessus des nuages

Au dessus des nuages

on se lève à 2 heures du matin, j’ai mal à la tête, je suis encore trempé et je ne me sens pas bien, mais pas bien du TOUT. On marche vers le sommet pendant 40 minutes. Il fait nuit noire, on peut voire la voie lactée et Arequipa qui brillent tout deux de milles feux. La roche s’est transformé en grains de sable et après avoir fait 4 pas en avant pour 3 pas en arrière pendant 40 minutes mon corps n’en peut plus. J’abandonne, je n’ai plus aucune force, ma tête me fait souffrir, je dois m’allonger.

Après avoir dormi quelques peu à la belle étoile nous redescendons.

Un peu plus tard le soleil se lève sur les canyons qui encerclent le Misti. Un cadre paradisiaque pour un abandon, comme si mère nature étendait sa puissance pour me faire comprendre que c’était elle la Patronne, que c’était elle qui décidait au final.

levé de soleil

levé de soleil

On marche 1 petite heure de plus avant de voir qu’on est complètement perdu. Vu qu’on avait rien vu dans le brouillard la veille, il se trouve qu’on n’avait pas suivi le bon chemin. La mauvaise humeur de la matinée n’a fait qu’empirer les choses et on s’est complètement décalé. En fait il y a des canyons tout autour du volcan et vu qu’on s’est décalé on s’est retrouvé à 6 canyons du point où on aurait du être. Impossible de les traverser vu que des ravins de 20 à 30 mètres séparent chaque pied à terre.

On essaye de rebrousser chemin avant de se rendre compte qu’on ferait mieux de descendre tout en bas et là bas on verra bien ce qu’il adviendra.

Notre carte fait par un local

Notre carte fait par un local

S’en suit 2 heures de marche dans un cadre magnifique comparable aux décors du film – seigneur des anneaux -. Et là que voit-on ? Une Jeep !! Le premier être humain que l’on croise depuis qu’on a quittés le péruvien de la veille. On crie. On ne sais pas s’il nous a entendu. On crie encore. Il s’arrête. On court vers lui et là on lui explique qu’on est perdu, qu’on a essayé de grimper le misti sans guide, qu’on s’est fait avoir par le mauvais temps. Il nous dit d’attendre, qu’il va revenir et qu’il nous ramènera à la ville.

On attend alors en se faisant un petit pain / fromage et 25 minutes plus tard on le voit revenir. Il nous ramènera à Arequipa. Décidément on a eu de la veine. Quelle étaient les chances qu’on tombe sur lui en plein milieu des canyons alors qu’on n’avait vu personne en 2 jours. C’est dans ces moments qu’on se dit que même si tout va mal, tout ira bien.

 

Juanito.

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