Autostop sur la Panamerica -ruta 3- ou l’art d’être bloqué dans un désert.

À la suite de mon saut en parachute à Melipilla- Chile -, j’ai voulu rejoindre la Bolivie. Petit problème, je n’arrivais pas à retirer plus de 40 000 pesos. J’ai donc décidé de faire de l’auto stop jusqu’en Bolivie, histoire de garder le sou et tant qu’à faire pourquoi pas rentrer à Santiago depuis Melipilla avec l’aide de mon pouce.

La Panaméricana – route de plus de 17 000 kms partant d’Alaska pour finir en Argentine

5 minutes d’attente à la sortie du village et c’est parti pour Santiago avec mon chauffeur Edmilson. S’en suit des discussions intéressantes portant sur les  indigènes du Chili jusqu’à la politique du pays.
Edmilson, la quarantaine, rêve de pouvoir voyager mais son salaire modeste l’oblige à vivre chez ses parents. Malgré des connaissances remarquables et un esprit critique impressionnant, il n’aura certainement pas la chance que j’ai eu, celle de naître en France dans une famille aisée.

Je le questionne également sur ce qu’il pense de Pinochet, l’ancien dictateur chilien. En effet, j’avais remarqué en vivant chez un ami près des bidonvilles, que la basse classe sociale était pour un retour à l’ancien régime.
Edmilson, m’expliquait lui, que l’insécurité avait gagné Le Chili depuis que Pinochet était parti, lui qui avait massacré des millions de gens en faisant régner une politique de peur. Même si j’ai pu entendre un coup de feu à 50 mètres de moi lorsque je vivais chez un ami près des bidonvilles, je ne pense pas qu’une politique de peur soit la solution. Grandir dans la pauvreté entraîne parfois la violence, la solution serait d’éradiquer la pauvreté. Chose facile à dire, mais plus difficile à réaliser. Dans tous les cas Edmilson était une des rares personnes qui haïssaient Pinochet.

Le tampon Chilien

Le tampon Chilien

Le Chili est sur la bonne voie et ce qui m’a particulièrement bluffé dans ce pays n’était ni les paysages aussi magnifiques qu’il soit, ni les excellents cocktails mais leurs Pompiers.

C’est l’unique pays que je connaisse qui ait un système où tous les Pompiers sont bénévoles. Le fait que la majorité ait un job à côté m’a bluffé et le pire ou le plus beau, ça dépendra de la vision de chacun, c’est qu’ils doivent acheter eux même le matériel et payer une cotisation mensuelle.
Il n’est pas rare de croiser un pompier qui réclame le sou dans la rue pour apporter des fonds au corps de bomberos. La notoriété et le respect qu’ils ont acquis là bas font qu’en général la majorité verse un petit peu… heureusement!

Après avoir été déposé à Santiago et y avoir passé la nuit, me voici de bonne heure à Amerigo Vespucio la sortie de la ville direction la Bolivie.
Après 3 heures de pouce levé le long de l’autoroute je trouve enfin une station service où je trouve un camion prêt à m’emmener le long de la route des Incas, la Panaméricana jusqu’à Antofagasta où je devrais bifurquer vers San Pedro de Atacama.
De toutes les expériences en autostop que j’ai pu faire, celle ci était la plus étrange et je vais vous compter pourquoi.
Après 5 minutes de route, le chauffard me demande si je pouvais le masturber. Surpris par cette demande, je lui réponds du tac o tac qu’il devait me laisser sur le bord de la route pour que je trouve un autre camion.

Stade de foot à San Pedro de Atacama

Stade de foot à San Pedro de Atacama

Il m’assura que ce n’était pas nécessaire mais que la solitude pesait beaucoup sur lui, ayant une vie amoureuse difficile en ce moment.

Après deux bonnes heures où je simulais l’endormissement pour éviter de parler après cette demande étrange,
s’en ait suivi une trentaine d’heures où il a épanché sa curiosité. Des questions du type: Les femmes ne se rasent t-elles pas en France? Les Français sentent-ils vraiment mauvais ?

Le désert d'Atacama

Le désert d’Atacama

Et oui les stéréotypes nous suivent partout et nous ne sommes pas toujours les cuistots romantiques au béret et à la baguette.

Une fois arrivé à Antofagasta, ayant aperçu mon livre ‘el testamiento Maya’ et ayant mentionné le Machu Piccu plus tôt dans la conversation, il me dit « Por eso el libro? El Machu Piccu?’ Et ne voulant pas lui gâcher la joie de cette déduction je lui répondis « oui en partie » mais entre toi et moi on sait bien que les Mayas étaient au Mexique, pas sur le Machu Piccu.

Malgré tout je suis encore resté bloqué à San Pedro de Atacama pendant 3 jours car je ne pouvais toujours pas retiré et je voulais à tout prix visité le désert bolivien, les geysers et le fameux salar d’uyuni. Me voici bloqué dans le désert avec 35 000 malheureux pesos.

Juanito.

le désert du côté Bolivien

le désert du côté Bolivien

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