Trek de Santa Cruz – Pérou

Bon je sais que nous n’avons pas été très actif ces derniers mois, mais bon je ne pense pas qu’on vous ait trop manqué étant donné qu’on essaye de lancer ce blog et qu’on peut compter les lecteurs sur les doigts de la main :=)

Toujours est-il que je vais essayer d’y remédier en vous proposant des articles plus souvent. On va commencer par un trek que j’ai pu faire au Pérou (ouioui j’ai eu la chance d’y travailler). Nous n’avions pas de guide ni de mule mais une simple carte ainsi que nos jambes. Autonomie totale sachant qu’au mois de Mars c’était le début de la saison des pluies (on a seulement croisé un groupe de touriste brésilien sur 4 jours)
J’ai eu la chance de faire pas mal de choses en Amérique du Sud, donc j’ai pas mal d’articles dans mon vivier 🙂 Récemment j’ai aussi été dans les Alpes pour quelques photos de nuits lors des « Perséides » et j’ai aussi trouvé un VIE au Koweït. Je parlerai de tout ça dans d’autres articles 😉 Enjoy celui ci en attendant.

Trek de Santa Cruz – Perú Pérou

Huaraz

Huaraz

Jour  1

Il est 21h00 du soir, on part prendre le métropolitano, bus qui relie  Miraflores à d’autres quartiers du centre de Lima.  Nous nous arrêtons à l’estadio naciónal où le terminal de bus « Movil tours » nous attend. Et oui 8 heures de route, direction Huaraz, ville à 3200 mètres et entourée par la cordillera blanca cordillère des Andes. Là bas nous achetons tout ce qu’il nous manque pour survivre pendant 4 jours en montagnes : moi, une couverture en laine de Llama 2 places, du pain (32 pour l’équivalent d’un euro) et du fromage local. Rémi lui loue un sac de couchage, achète des feuilles de coca – qui lui permettra de moins ressentir la fatigue et la douleur – ainsi que des bouteilles d’eau (N.B. effet certifié les lendemains de cuite ;))

9h30 nous voici fin prêt pour prendre le combi direction Caraz. Ce fût 45 kms pour 2 heures et demi de trajet sur une route en assez mauvais état. Mais bon le principal c’est d’y arriver et c’est ce qu’on a fait. Une fois arrivé à Caraz on prend un tuk-tuk pour nous amener au terminal des « colectivos » qui en gros sont des taxis partagés. Ensuite nous avons fait Caraz – Cashapampa en une heure et demie, la route était quasi inexistante mais il est 14 h 00 et nous arrivons sain et sauf à 2900 mètres.

La carte de notre périple :)

La carte de notre périple 🙂

Le trek commence… Euh… bientôt… D’abord on doit payer pour entrer dans le parc national du Huascaran. Et oui le trek se situe pour la majeure partie dans un parc national. 65 Soles sont déboursés soit environ 17 Euros. Pourquoi faut-il payer demande t-on ? On est quand même venu lors de la saison des pluies, période la plus froide dans les Andes, période où aucun trekkeur ayant un peu de bon sens n’ose s’y aventurer. Bon tant pis on ne peut pas discuter de toute façon, il faut payer.

Le trek commence et cette fois ci pour de bon. On marche pendant 2 à 3 heures en essayant d’atteindre les 3400 mètres assez rapidement sur une chemin plutôt raide. Avec 15 Kilos sur le dos (2kg de tente, 2 kg de couverture, 3 kilos d’eau, les habits, les ustensiles, la nourriture dont 2kg de fromage, les tongs qui ne vont pas servir mais on ne sait jamais…)

Le lac de couleur émeraude

Le lac de couleur émeraude

Après 3 bonnes heures, essayant de nous acclimater à l’altitude – Eh oui la tête tourne un peu – l’air devient difficile à respirer. Je pense que les 15 Kilos sur le dos en sont pour beaucoup. Nous arrivons sur un terrain un peu plus plat en testant la feuille de coca. Pour ma part elle ne m’a pas particulièrement impressionné. À la fin de la montée nous arrivons à cours d’eau. Pas de panique la rivière et son eau rafraichissante nous suivra une bonne moitié du trek. À un moment, je tombe même dans la rivière en essayant de remplir quelques bouteilles. Bon oK en fait  je ne voulais que prendre une belle photo mais l’excuse des bouteilles est meilleur. Toujours est-il que je suis tombé dans une eau proche du point de gelé et qu’il a fallu que je me change rapidement. Pas de bol, mes chaussures de trek sont aussi mouillés et pas question de prendre les tongs sur ce type de terrain. Bon bah on continue avec les chaussures mouillées et on croise les doigts pour ne pas tomber malade ou plutôt on implore Apu, le dieu de la montagne (cf contes et mythes au Pérou).

1 heure et demie plus tard on s’arrête après 11 kms de marche car l’altitude nous rend de plus en plus faible, ou bien peut-être ce n’est que la marche… Peu importe de toute façon le soleil va se coucher et on a besoin de dormir pour entamer la journée suivante. On monte la tente et hop on mange avant d’aller au lit.

Jour 2  

On se lève avec le soleil et un terrible mal de crâne. Eh oui dormir à 3750 mètres sans y être habitué est assez hard au réveil. Nous rangeons la tente, prenons quelques forces àl’aide de barres céréales, j’enfile mes chaussures encore mouillées et hop c’est parti pour 13 kms de marche direction Taullipampa à 4250 mètres. On arrive sur deux magnifiques lacs aux couleurs bleu émeraude dont on n’a pas totalement profiter car le soleil n’était pas au rendez-vous. En effet il n’arrive pas à se percer un chemin à travers les nuages. Par la suite, on a partagé une bonne moitié du trajet avec des péruviens qui sont venu de je ne sais où dans la montagne pour pécher.

Conversation type:
« Alors vous venez d’où par ici? – de blablablapampa – ah c’est où ca? – c’est dans la montagne près de blibliblipampa – a oK d’accord (on sait toujours pas et on a vu aucun de ces villages).

Une péruvienne et son jeune garçon

Une péruvienne et son jeune garçon

S’en suit 4 heures de marche et on oublie de traverser le rio la rivière et hop on se fait piéger et on se perd en montaña montagne. Bon heureusement 2 heures après on retombe sur le bon chemin. De toute façon il suffisait de suivre le même cap. À 4250 mètres, le soleil commence à se faire voir, tard dans la journée et nous permet d’observer un magnifique coucher de soleil. On mange et hop on se prépare pour passer une des pires nuits de notre vie à cause du froid. J’enfile donc deux t-shirts, deux pulls, une doudoune et ma veste en goretex. Par contre, je n’ai pas de sac de couchage, mais une couverture en laine de Lama. Grosse erreur, j’aurais dû acheter un sac de couchage. Pendant la nuit je n’arrive pas à dormir, je me réchauffe en ne cessant de bouger, et lorsque je m’endors, je me réveille quelques minutes plus tard car mon corps se refroidit trop rapidement. (La nuit la plus cauchemardesque que j’ai pu passer et maintenant que je suis stagiaire à Lafuma, je n’oublierai pas de me procurer un sac de couchage où je pourrai me mettre à poil dedans sans craindre le froid :-). On attend donc la matinée avec impatience.

Jour 3

Le jour se lève, la tente est entourée de givre plutôt épais, et même si le soleil est là, il est encore caché par les nombreuses montagnes. On range tout vite fait et lorsque le soleil se pointe on est prêt à partir.

5 minutes plus tard, il fait 25 °C, il faut donc se changer, short et t-shirt seront de partie, et on prend quelques photos. Eh oui le soleil rend le paysage beaucoup plus beau alors on en profite de cette première journée sans nuages. 15 minutes après on se remet en marche pour l’ascension de « Punta union », un col à 4750 mètres. Aujourd’hui, ce sera la journée la plus dure, 1500 mètres de dénivelé, dont 500 de positif. Avec les 15 kilos sur le dos on a besoin de 3 bonnes heures pour rejoindre le col tout en s’émerveillant du paysage à coupé le souffle, ce spectacle durera tout le long de l’ascension.  Là haut, bien qu’il n’y ait pas de nuage, il fait quand même froid et il faut mettre le pull et la veste goretex. On entame la descente tout de suite après s’être imprégné du magnifique paysage (il fait vraiment froid), on rencontre des brésiliens sur le chemin à qui l’on rappelle la défaite contre les Bleus (2011, une époque pleind’espoir avec Laurent Blanc qui avait pris le poste d’entraineur), et ils tracent leur route après nous avoir dit « somos enemigos, somos enemigos » en rigolant. On leur a donné rendez vous en 2014 (après avoir vu l’euro 2012 on est mal parti mais bon -Allez les Bleus! -).

Magnifique vue du col de Punta Union :-)

Magnifique vue du col de Punta Union 🙂

Les trois heures de descente qui suivent se font dans une ambiance assez calme, l’altitude nous a bousillé la tête, un gros mal de crâne qui nous oblige à apprécier le silence, et on se demande vraiment pourquoi on n’a pas pris d’ âne burrito pour porter nos bagages. Finalement on décide de s’arrêter pour faire une sieste à l’ombre. Mais petit problème il n’y a pas d’arbre ni d’ombre et on crame au soleil. Puis on continue un petit quart d’heure de plus et on trouve une roche qui projette un peu d’ombre d’après Rémi… la moitié d’une tête en fait… Cool on s’allonge, on place notre tête dans le creux et hop c’est parti pour trois quarts d’heure de sieste et un coup de soleil sur le reste du corps.  Le soleil andin est assez rayonnant, on va dire.

un jeune péruvien et son vélo

un jeune péruvien et son vélo

Après la sieste ca va un peu mieux et on reprend la descente.  J’ai les cuisses en feu, descendre avec 15 kilos, c’est presque plus dur que de monter, en fait. 3 heures plus tard on arrive dans la vallée sur un terrain assez plat. Rémi voit des Llama et son instinct – un peu con sur ce coup là – lui ordonne – en quelque sorte – de suivre les Llama, – ce qui fut une très mauvaise idée – par la faute desquels s’eleva, un moment plus tard un grand … PLOUF !!!! . Youpi.  Les chaussures de Rémi sont toutes mouillées la veille de la fin du trek et il est plein de terre. Ce que j’ai oublié de dire précedemment c’est que pendant tout le long du trek on a pu voir des boeufs, ânes, Llama et chevaux sauvages, on a pas fait 500 mètres sans en voir (sauf peut-être à partir de 4300 mètres). Finalement on s’arrête et on pose notre campement. On essaye de faire un feu, mais on abandonne après 5 minutes à cause de la fatigue; c’est dommage parce que le bois commençait à prendre, et ça nous aurait fait du bien un peu de chaleur pendant la nuit.

Je remets toutes mes couches de vêtements, on mange notre part de pain et de fromage quotidien et on va au lit. Cette nuit fut plus chaude et on a enfin pu dormir.

Jour 4

On se lève un peu plus tard aujourd’hui, dernière étape on va y aller mollo surtout que mon tendon gauche me fait souffrir et que Rémi a toujours ses chaussures mouillés. Fait assez marrant : presque arrivée nous rencontrâmes différents péruviens à qui nous demandons le temps restant avant d’atteindre Vaqueria, lieu final de notre trek, et aussi surprenant que cela puisse être ils nous donnent tous une réponse différente. L’un dis 1 heure 30, l’autre 10 minutes. 20 minutes plus tard on en rencontre un qui nous dit 20 minutes, avant d’arriver 10 minutes plus tard. Au final une demi heure nous a suffit.

Rémi et moi même

Rémi et moi même

2 heures d’attente avant le prochain combi et nous voilà parti pour 3 heures de manège dans les Andes. On monte à 4800 mètres sur des routes plus que dégradées et quasi inexistantes. Je ne vous parle pas des protections invisibles sur le bord des routes et de la conduite du chauffeur. D’une certaine manière, on peut dire que c’était un pilote de par sa conduite à la Sébastien Loeb. Sur la route on rencontre un polak qui nous dit d’un coup : «vous avez senti la secousse d’hier ? ». Rémi lui répondit que oui et que ce fut assez impressionnant, tout à coup, mes neurones font tilt ! et je leur sors « ahhh mais c’était pas un rêve alors ! ». Il ne faut pas m’en vouloir, mais après 2 nuits sans dormir, je n’avais pas vraiment conscience de grand chose. Même si maintenant je me souviens avoir entendu Rémi pleurer, pensant qu’il allait mourir – Sans rancune Rémi.

Juanito.

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un commentaire

  1. Je viens de voir le récit de notre trek. Ca fait plaisir de se remémorer tout ca 🙂
    Nos vemos pronto en America del Sur 😉

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